09 09 2021

TRANQUILITY BASE

Peintures de Pedro Ruxa

Exhibition Sept 9 - Oct 14, 2021 

Thursday 2 - 6 pm

Friday 2 - 6 pm

Saturday 2 - 6 pm 

Sunday closed

or by appointment

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Pedro Ruxa

Tranquility, 2021

Acrylique sur toile

50 x 60 cm

Tranquility base ou La base de la tranquillité est une série de peintures de Pedro Ruxa présentées à 59 pm, du 9 septembre au 14 octobre 2021. Le titre de cette série vient du nom du site sur la Lune où, pour la première fois, en juillet 1969, des humains ont marché sur un corps céleste autre que la Terre. C’est Neil Armstrong qui nomma le site, quelques secondes après son alunissage : « Houston, ici la base de la tranquillité. L'Aigle a atterri. »

Cette série initiée lors du premier confinement en Belgique est centrée sur la question de l'ascension de l'esprit qui perdure grâce à l’image déconstruite, reconstruite et transcendée par l’art. L’évidence et la nécessité de l’acte artistique liées à la notion de survivance mais aussi de résurrection est centrale chez Pedro Ruxa qui considère que « les idées, les mots et les images, dépassent de loin la temporalité, l’éphémérité et la fragilité de nos corps humains. »1 Pour Xavier Noiret-Thomé, Pedro Ruxa nous livre à travers ses peintures, lumineuses et troublantes, ses sentiments et réflexions sur la beauté du réel dans sa fragilité intrinsèque. Autant de poèmes visuels métaphysiques à la portée universelle.2

Dans les œuvres de cette série, la base de la tranquillité est symbolisée par le sommet d’une colonne dorique, la plus ancienne et la plus dépouillée des trois ordres architecturaux grecs, qui apparaît comme un fil conducteur. La colonne dorique renvoie à une idée de solidité, de constance, de permanence. Reconnaissable à son chapiteau sobre à échine plate, la colonne est utilisée par Pedro Ruxa comme un socle permettant de décontextualiser les images qui s’y déploient, de les extraire de l’espace-temps terrestre pour les placer dans un espace-temps cosmique. Cette décontextualisation est renforcée par l’utilisation d’un fond noir, procédé observable dans les lectures allégoriques et mystiques des natures mortes telles que celles de Juan Sánchez Cotán. Le fond noir renvoie chez Ruxa à une dimension cérébrale, omnisciente et introspective qui vise à renforcer l’expérience de l’intériorité. 

 

Sur le socle de la colonne, apparaît une association de différents motifs inattendus, anachroniques, parfois contradictoires voire ironiques. Les images vibrantes de Ruxa (une paire de lunettes, un cerveau, un cœur, un tube de peinture, une étoile, etc.) chargées d’allusions liées à ses expériences personnelles, sont comme figées, volontairement inanimées, et se déploient dans un espace dédié à la contemplation. Mais contrairement aux natures mortes ou aux vanités - construites comme une représentation allégorique de la vacuité des passions humaines, de la fuite du temps et de la mort - les images représentées par Pedro Ruxa doivent, tout comme le symbole du socle de la colonne dorique sur lequel elles reposent, se figer dans l’éternité. Elles perdurent ainsi dans la mémoire collective, sans l’altération du temps et de la mort.

                                   

1. Note de Pedro Ruxa : « l’idée de la mort du corps physique s’accompagne de l’image du sujet s'élevant et se posant sur le haut de la colonne, serein, sauvé, rayonnant, brillant, pour l'éternité. »

2. Cf. communication personnelle de Xavier-Noiret Thomé, artiste peintre et ancien professeur de peinture de Pedro Ruxa à l’ENSAV de La Cambre.

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Pedro Ruxa

Pink transistor, 2021

Acrylique sur toile

45 x 40 cm

Pedro Ruxa est un artiste peintre d’origine portugaise né en 1993.

Diplômé de l’atelier Peinture de l’ENSAV La Cambre en 2016, il vit et travaille à Bruxelles. 

 

Les images exploitées par Pedro Ruxa revêtent toutes une dimension polysémique. À l’instar des auras qui enveloppent ses images-symboles et apparaissent comme des métaphores de la rémanence de l’esprit, sa démarche en elle-même - par son travail sur l’image, les symboles et la lumière - entend amplifier, transcender la notion de finalité. 

 

Faisant appel à un langage symbolique pour exprimer ses idées, Pedro Ruxa choisit généralement des images assez simples, ancrées dans l’imaginaire collectif, sans pour autant faire référence à une époque ou un lieu précis. Ce langage symbolique, bien qu’inspiré de ses expériences de vie, rejoint également un langage commun où chacun peut s'identifier selon ses propres expériences. Le langage de Pedro Ruxa, souvent associé au corps humain, notamment aux organes qui nous permettent de ressentir et de communiquer, se construit comme une réflexion sur le conflit ou l’équilibre entre le corps physique et l'intellect, la sexualité et les émotions. Pedro Ruxa entend dans sa démarche, peindre des idées, comme des images qui s'éclairent dans le cerveau. Le fond noir, outil de décontextualisation, revêt alors une autre dimension : il devient un fond de pensée où des idées, des objets, des formes, des couleurs, des mots, viennent se poser et cohabiter ensemble. 

 

Les recherches de Pedro Ruxa sur la lumière reflètent une fascination très particulière du peintre, presque obsessionnelle, correspondant in fine à une quête de lucidité. Une tentative de « voir plus clair » le monde, sa position dans le monde et ses propres émotions. Suivant ce fil conducteur, la lumière a progressivement pris une importance très symbolique dans son travail car c'est la lumière qui nous rend le monde visible. En tant qu'artiste visuel, Pedro Ruxa perçoit le monde comme un ensemble de surfaces réfléchissantes que notre rétine reçoit pour projeter ensuite une image dans le cerveau qui lui, va ensuite la charger de sens. Cette lumière n'est pas seulement une lumière physique, c'est aussi une lumière intellectuelle.